Par
Rédaction Bernay
Publié le
14 juin 2026 à 7h00
Cinq baies obligatoires des travaux. Sébastien Duvalmaire de la commune de Saint-Germain-la-Campagne (Eure), explique « qu’il a fallu se battre pour trouver le financement ». Cependant, les fonds ont été réunis, permettant le lancement du chantier.
L’entreprise choisie pour mener à bien cette restauration est l’atelier Goutybasé à Cormeilles. Fils dirigeant, Cyrille Goutyfort de 18 ans d’expérience à la tête de son entreprise et d’un parcours au sein des trois plus grandes entreprises du secteur, est entouré des meilleurs apprentis de France.
Une restauration séculaire
Lors d’une présentation, Cyril Gouty a déclaré : « Nous vivons une journée historique ». La dernière restauration de ces vitraux remonte à plus d’un siècle. Grâce à des méthodes spécifiques, il est en mesure de dater leur création, située entrée 1560 et 1570.
Il a également évoqué les techniques traditionnelles de maître verrier, comme la méthode au plomb et la méthode Tiffany, en soulignant que les vitraux doivent être conservés dans leur intégralité.
Un diagnostic préalable, imposé par la DRAC et augmentant à 7 500 € HT par vitrail, a révélé la présence d’infiltrations d’eau datant des années 1950-1960. Ces infiltrations avaient conduit à l’utilisation de béton pour colmater les vitraux, une solution temporaire qui doit désormais être retirée avec soin.
Un procédé minutieux
Les vitraux sont démontés, pièce par piècedes lancettes et des têtes de lancettes. Ils sont ensuite transportés à l’atelier où ils subissent un bain d’eau déminéralisée. Ce processus permet d’assouplir le plomb et de retirer les verres originaux, qui sont nettoyés délicatement au coton-tige.

Les peintures sont restaurées sans recuire le verre du XVIᵉ siècleconformément aux restrictions de conservation. La méthode adoptée consiste à travailler par superposition, avant de procéder au recollement et au remontage.
Un verre de protection sera ensuite ajouté à l’intérieur de l’église, garantissant une durée de vie de 120 à 130 ans pour les vitraux restaurés.
Un patrimoine inestimable
Au cours de la présentation, certains participants ont eu l’occasion de tenir des morceaux des vitraux, témoins de cinq siècles d’histoire.
Ils ont pu constater la dégradation progressivenotamment la présence de mousse et l’effacement des traits des personnages représentés, plus d’un siècle, a précisé un intervenant, soulignant l’importance de la restauration en cours.
« Tout a été perdu »
Cyril Gouty a évoqué une autre problématique : la disparition du compagnonnage dans son métier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Tout a été perdu », at-il déploré. Il se considère aujourd’hui comme un passeur de ce savoir ancestral.
Il a également rappelé que les artisans normands étaient autrefois reconnus pour une méthode de cuisson en une seule fois, une technique redécouverte qu’il s’efforce de faire perdurer. À titre de comparaison, les verres modernes obligatoires entre trois et six cuissons.
Un effort financier collectif
Le coût de la restauration d’une seule baie s’élève à 26 235 € HT. Le financement est réparti entre différents acteurs : 30 % sont pris en charge par la DETR, 17,72 % par la région et 33 % par la Fondation du patrimoine. La commune doit assumer les 20 % restants. Une cagnotte en ligne, disponible sur le site de la Fondation du patrimoine, a permis de collectionner 20 000 € supplémentaires.

Sébastien Duval, maire de Saint-Germain-la-Campagne, a exprimé sa fierté « d’avoir des vitraux d’une telle rareté ». Il espère que ce projet permettra de valoriser les entreprises locales et d’ouvrir plus régulièrement l’église au public.
Un chantier de longue haleine
La durée des travaux est estimée à huit mois. Cependant, une fois cette première phase achevée, il restera encore quatre autres vitraux à restaurer.
Sébastien Duval a déjà annoncé qu’il partirait à la recherche de nouveaux financements pour poursuivre ce projet. « Vos téléphones risquer de sonner prochainement », a-t-il lancé aux élus présents.
De notre correspondant Fabien Baudart
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